La tribune de Laurent Leenhardt, Directeur de la Branche Software, publiée le 03/10/2017 sur le site LesEchos.fr

Le secteur public vit une transformation sans précédent : Digitale, réglementaire, territoriale. Cette métamorphose est inédite de par sa triple dimension et sa simultanéité. S’y ajoutent un contexte budgétaire contraint et une réduction annoncée des effectifs. Force est donc de constater que la mutation du secteur public n’est pas uniquement digitale, elle est plus complexe et de plus grande ampleur. Les enjeux de cette transformation sont de taille : faire mieux avec moins tout en lançant les grands chantiers de transformation, fondations de la smartcity de demain. Alors que le secteur privé apparait souvent comme précurseur en matière d’innovation, le secteur public tient ici l’opportunité de tenir sa revanche !

Une transformation inédite

Cette transformation s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion d’une triple dynamique.
Le secteur public amorce à son tour sa révolution digitale. L’administré est devenu un véritable « client », demandeur de services en mode omnicanal (web, mobilité, sms…). Il exige à la fois que les services offerts soient plus larges, disponibles 7/7 et accessibles sur tous les supports modernes (smartphone, tablette, web) avec une qualité accrue et une plus grande réactivité. Il souhaite une information continue, des alertes en temps réels, l’accès à plus de données (transparence, open data), une écoute de son point vue, et une prise en compte plus systématique de ses attentes (démocratie participative). Il souhaite des élus plus accessibles et connectés avec ses administrés.

A cette transformation digitale s’ajoute une transformation réglementaire, très souvent liées d’ailleurs, cette dernière imposant la dématérialisation des processus métiers. Après la mise en œuvre réussie des projets PES et ACTE, de la dématérialisation des appels d’offres et des bulletins de paie, c’est le projet Chorus qui impose et généralise maintenant l’usage de la facture électronique. A venir le projet de la DSN (Déclaration Sociale Nominative) de prélèvement à la source comme potentielle prochaine réforme. Sous l’impulsion du SGMAP (Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique), le rythme des réformes est soutenu et les collectivités n’ont que peu de temps pour s’y adapter. Force est de constater qu’elles le font avec succès.

En parallèle, conséquence de la loi NOTRe, une autre mutation d’ordre territoriale se joue. Elle transparait par exemple à travers le redécoupage des Régions, partie visible de l’iceberg pour le grand public. Mais il s’opère aussi un transfert de compétences inter-collectivités (notamment des Départements vers les Régions) et la mutualisation ou fusion de collectivités à travers la création de communes nouvelles ou métropoles. Cette mutualisation s’organise, motivée par un double objectif : baisse des dépenses publiques et meilleure prise en compte des besoins des citoyens. Sous l’impulsion de l’Etat, 15 Métropoles ont été créées (et 7 autres prochainement), moteurs de la croissance et de l’attractivité des territoires. De plus, depuis le 1er janvier 2014, les dernières communes isolées peuvent être rattachées à un EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) sur décision du Préfet de Département. On le constate, la réforme territoriale est profonde et les conséquences sur les organisations importantes. Le visage d’une France administrative aux 36 000 communes sera bientôt derrière nous.

On notera que ces transformations, concomitantes et inédites, se déroulent dans un contexte de réduction de moyens induit par la forte baisse des dotations de l’Etat et la réduction annoncée du nombre de fonctionnaires. La baisse des dotations cumulées s’élèvera, à la fin de l’actuel mandat municipal, à 50 milliards d’euros et 120 000 postes de fonctionnaires pourraient être supprimés dont 70 000 au sein des collectivités locales.

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